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Placer les objets connectés au service de la santé

Dans le domaine de la santé, les objets connectés sont de plus en plus utilisés. De nouvelles applications facilitent la gestion des hôpitaux et le suivi des patients. La 5G, en outre, ouvre de nouvelles perspectives, que les experts du numérique que nous sommes explorons en collaboration avec les professionnels des soins de santé.

 

Ces dernières années, on a beaucoup parlé de la manière avec laquelle la 5G pourrait révolutionner les soins de santé. Les solutions le plus souvent évoquées ne sont pas encore mises en œuvre sur le terrain.

On peut par exemple parler de la possibilité pour un chirurgien de soutenir à distance les équipes d’intervention d’urgence via visio-conférence. Ou encore l’idée d’envoyer un drone sur le lieu d’un accident pour une première analyse visuelle et garantir une prise en charge plus efficace. L’Internet des Objets allié à la 5G permet de gagner ces précieuses secondes, qui sont déterminantes pour la survie des personnes en état critique.

De tels cas d’usage vont seulement pouvoir être envisagés. La 5G permet en effet de dédier des capacités de réseaux à certains besoins (c’est ce que l’on appelle le « slicing ») à des besoins particuliers, comme l’aide médicale urgente, et de garantir une connectivité optimale aux utilisateurs grâce à une extrêmement faible latence.

Si nos équipes sont enthousiastes à l’idée de développer de telles solutions en collaboration avec les acteurs de la santé au Luxembourg, il faut aussi rappeler que les objets connectés sont déjà présents depuis longtemps le monde médical.

Dans l’hôpital, déjà de nombreux objets connectés

Connecter des objets permet avant tout de plus facilement les retrouver.

Au cœur d’un hôpital, il n’est pas toujours évident de mettre la main sur un respirateur au moment où on en a le plus besoin. Des acteurs ont aussi, par le passé, dû lutter contre le vol de matériel souvent onéreux. Il n’est pas non plus aisé de procéder à des inventaires.

Afin de répondre à ces besoins, nous avons accompagné divers acteurs pour connecter des appareils, comme des respirateurs, des pompes ou encore des échographes. De cette manière, on peut améliorer l’efficacité des équipes, qui retrouvent plus facilement le matériel quand ils en ont besoin.

Les objets connectés participent à une meilleure gestion des ressources, notamment dans une dynamique de décentralisation des soins de santé à travers des maisons médicales. Le simple fait de pouvoir émettre une alerte lorsqu’un objet sort de la zone dans laquelle il doit se trouver permet aussi de lutter contre le vol.

Améliorer la logistique des soins de santé

Un hôpital produit aussi beaucoup de déchets. Et les objets connectés facilitent grandement la gestion de leur collecte, et notamment celle des matières exigeant un traitement particulier. Des détecteurs placés sur des conteneurs, comme des capteurs ultrasoniques, permettent par exemple d’envoyer des alertes aux services chargés de l’évacuation quand celle-ci est nécessaire.

Des appareils de mesures connectés permettent de suivre en permanence la température des réfrigérateurs, dans lesquels sont stockés les médicaments, les vaccins, le sang, les aliments ou le lait destiné aux bébés. On peut, de la même manière, évaluer en continu la qualité de l’air, la température des chambres, les taux d’occupation des lieux…

Tout cela est aujourd’hui mis en œuvre et contribue à la fois à une meilleure gestion des soins hospitaliers, à garantir que la chaine du froid n’est pas rompue, à un meilleur suivi des patients, et à la réalisation d’économies budgétaires notables.

Lors d’une discussion avec un professionnel des soins de santé, j’ai été surpris qu’il évoque l’hôpital comme étant avant tout une plateforme logistique, au sein de laquelle interviennent les équipes, les patients, les visiteurs, et qui a besoin de nombreuses ressources pour fonctionner. Les objets connectés sont là pour aider les praticiens à travailler plus efficacement, les visiteurs à être mieux guidés. L’accompagnement offert au patient peut aussi être amélioré grâce à la connectivité des objets.

Améliorer le suivi des patients

Un bracelet connecté, après avoir garanti un juste étalonnage donnant lieu à une homologation, doit permettre de mesurer les signes vitaux d’un patient à distance, à récolter de l’information permettant de faire un meilleur diagnostic. Tout simplement, un tel bracelet, reprenant l’identité du patient, permet aussi de suivre son parcours dans l’hôpital, d’éviter parfois que l’un d’eux s’égare malencontreusement.

Connecter des objets, comme des pompes, permet aussi de les contrôler à distance et de s’assurer du juste dosage auprès de chaque patient.

On peut imaginer, en connectant chaque patient, améliorer le suivi de leurs soins à distance. Certains patients pourraient être accompagnés en mode ambulatoire, sans avoir à rester hospitalisés.

Collecter la donnée pour mieux soigner

Les objets connectés ouvrent un nouveau champ de possibilité. Si la technologie permet beaucoup de choses, il appartient avant tout au corps médical de la mettre à son service, en n’oubliant pas d’établir des mesures éthiques.

Car la connectivité des objets n’est pas sans risque.

Grâce aux objets connectés, à travers la collecte et l’analyse des données, il devient possible de comprendre certaines pathologies et de les diagnostiquer plus efficacement, notamment des pathologies chroniques.

Connecter les patients ? Un enjeu éthique

On peut imaginer que des objets intégrés à nos corps puissent, au regard de l’évolution et de l’analyse en temps réel des signes vitaux, prévenir des crises.

Cela fait longtemps que des éléments techniques contribuent à prolonger notre espérance de vie. Les cœurs de nombreux patients continuent à battre en étant soutenu par un pacemaker. Est-il pertinent, toutefois, de connecter de tels objets ?

Répondre à cette question implique de prendre en considération des risques, liés à la cybersécurité notamment. Quelles pourraient être les conséquences si un acteur extérieur prenait le contrôle de ces éléments technologiques intégrés à nos corps ? Alors que l’on parle de plus en plus de transhumanisme, avec l’idée d’intégrer des puces dans nos cerveaux dans l’optique d’augmenter l’humain que nous sommes, ces questions éthiques sont essentielles.

Il est aujourd’hui possible de connecter de nombreux objets. Une tétine de biberon, par exemple, peut permettre de prendre la température du bébé. Cela peut s’avérer pratique. Mais l’on peut aussi se demander si cela est pertinent. Parfois, en effet, un excès de données peut nuire à l’information. Il est important de se donner les moyens de la traiter de manière pertinente, dans une approche médicale supervisée.

La technologie est présente et, en tant qu’experts, notre volonté est d’accompagner les acteurs de la santé dans la mise en œuvre de nouveaux cas d’usage, au profit d’une réelle amélioration des soins de santé dans leur globalité.

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