Fintech : le Luxembourg fera-t-il partie des places incontournables ?

Fintech. Le mot est sur toutes les lèvres depuis quelques mois. Et le sujet est évoqué partout au Luxembourg, que ce soit à l’ICT Spring, au Golden-I ou encore aux prochains Luxembourg Internet Days dont la programmation vient d’être dévoilée récemment.

Une chose est sûre. Vu son économie, la force de son secteur financier et les infrastructures de télécommunications et IT disponibles, le Luxembourg est très bien placé pour devenir un acteur important dans le Fintech. Ce secteur est rempli de nouvelles opportunités qui vont probablement changer de façon flagrante le monde financier et son industrie.

 

Des qualités indéniables

1. Un gouvernement au travail. L’État a clairement identifié le Fintech comme une priorité, notamment à travers la création d’un groupe dédié au sein de Digital Lëtzebuerg. On y trouve des représentants des banques et du secteur IT, chargés de revoir la situation actuelle, d’identifier les différentes niches exploitables et de déterminer les domaines dans lesquels les acteurs déjà présents au Luxembourg peuvent jouer un rôle. Les premières études sont encourageantes. On y apprend que le pays dispose déjà de l’attractivité nécessaire à la création d’un hub Fintech grâce à sa localisation au centre de l’Europe, à ses infrastructures IT (connectivité internationale, data centers haut de gamme) et à l’existence de facteurs essentiels à un écosystème Fintech (proximité avec une grande place financière, autorités de régulation ouvertes à la notion d’innovation, appui gouvernemental, environnement d’affaires dynamique…).

2. « Small is beautiful ». Notre petite taille peut également représenter une différence majeure face à la concurrence d’autres pays européens. Nous devons profiter de notre flexibilité pour homologuer certaines applications plus rapidement, pour délivrer des licences financières ou bancaires à de nouveaux acteurs. Notre petite taille doit nous permettre de réagir plus vite.

3. Des exemples concluants. L’industrie Fintech est bien réelle dans le pays. L’agence Luxembourg for Finance a ainsi pu identifier 150 entreprises oeuvrant dans le secteur, soit l’équivalent de près de 10 000 employés. Point intéressant : ces entreprises sont présentes sur l’ensemble des sous-secteurs de l’industrie financière. Dans celui du paiement, Digicash fait partie des exemples concluants au Luxembourg, puisque l’entreprise a pu se développer grâce au soutien du ministère de l’Économie et du support de différentes banques.

 

Plusieurs défis à reliever

1. Rattraper notre retard. Il reste pourtant du chemin à parcourir afin de devenir une place incontournable dans le Fintech. Et il y a de fortes chances pour que nous ayons déjà raté certaines opportunités. Il est donc indispensable que le Luxembourg commence à jouer un rôle plus important dans ce domaine. Parmi les pistes de solutions, notons celle apportée par Philippe Gelis, CEO de Kantox, lors de son intervention au dernier ICT Spring. D’après lui, le Luxembourg aurait tout intérêt à se développer sur une niche du Fintech, qui serait liée aux fonds d’investissement. En tant que deuxième plus grande place dans le monde après les États-Unis, le Luxembourg dispose d’un avantage certain. Encore faut-il trouver les applications spécifiques pour ce secteur.

2. Combler rapidement le manque de main-d’oeuvre. C’est malheureusement l’un des principaux facteurs limitatifs. La main-d’oeuvre est à nouveau un enjeu important. Le Fintech nécessite un know-how encore plus spécifique, puisqu’une double compétence est demandée. Pour remédier à ce problème, des parcours de formation doivent être mis en place rapidement, de nouveaux profils doivent émerger et des mesures incitatives doivent aider à attirer davantage de talents venant de l’étranger.

 

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