Compétences numériques : le Luxembourg peut mieux faire

La problématique a été soulevée lors de la 9e édition des Journées de l’Économie, qui consacraient cette année une journée complète à la stratégie digitale du Luxembourg. La question est en effet centrale : le pays dispose-t-il de suffisamment de compétences numériques pour suivre la stratégie de croissance initiée par le gouvernement et les professionnels du secteur à travers Digital Lëtzebuerg ?

 

La suggestion de l’expert

Lors de son intervention, Dominique Roux, directeur de la chaire Économie numérique à l’Université Paris-Dauphine, a évoqué la possibilité que le Luxembourg se dote d’une université de pointe en la matière, qui ferait référence en Europe et dans le monde. Ce professeur reconnu nous a clairement indiqué que le Luxembourg disposait de bonnes infrastructures et d’un secteur très porteur mais que nous n’avions pas assez pris en compte la question des compétences numériques. Or, c’est justement ce point qui pourrait limiter notre croissance.

Le Luxembourg a pourtant fait beaucoup d’efforts sur les infrastructures et le cadre légal, améliorant ou maintenant sa position dans la plupart des classements internationaux. Dans une publication de février 2015, l’Union européenne classe ainsi le Luxembourg en 8e position de son indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) derrière des pays comme le Danemark, la Suède, les Pays-Bas ou encore la Finlande. Mais dans la fiche liée au pays, on peut y lire : «  58,5 % des entreprises à la recherche de spécialistes en TIC ont déclaré avoir des difficultés à les trouver. »

 

Différentes voies d’évolution

Pour améliorer cette situation et doter plus largement le Luxembourg en compétences numériques, la cellule e-skills de Digital Lëtzebuerg dont je fais partie travaille aujourd’hui à plusieurs niveaux.

   1. Des écoles plus numériques. Il s’agit ici de mettre à disposition les équipements adéquats mais aussi d’adapter la façon d’enseigner aux possibilités que les équipements numériques permettent. Plusieurs projets sont en gestation comme celui qui consisterait à enseigner le codage dès l’école primaire ou encore un autre qui enseignerait aux enfants les clés pour évoluer dans un environnement numérique sécurisé.

    2. Des outils de reconnaissance des besoins. Un groupe de travail baptisé « Monitoring des besoins en profils ICT » a été créé au sein de la cellule e-skills afin de multiplier les sources d’informations dont nous disposons. On espère ainsi bénéficier des informations du STATEC et d’autres institutions. Cela nous donnerait une base plus concrète pour pouvoir discuter.

    3. La création d’un centre de compétences ICT. Ce projet est à l’initiative de la Chambre des métiers et de la Fédération des artisans tout en recevant l’appui de la Chambre de commerce. Le centre de compétences ICT serait financé par l’industrie elle-même en prélevant un pourcentage obligatoire sur la masse salariale de toutes le entreprises qui travaillent dans le secteur et concernerait uniquement la formation professionnelle continue. Une première étude de faisabilité devrait voir le jour d’ici cet été.

    4. Le développement de l’attractivité à l’externe. Il se pose ici la question de la manière d’attirer davantage de profils au Luxembourg. Pour y arriver, nous travaillons avec des sociétés spécialisées et des bureaux de recrutement comme Moovijob, ITnation, Luxembourg for Business, les Big Four et le Service des Médias et des Communications du Luxembourg lorsqu’il se rend à des foires internationales.

    5. Le développement de l’attractivité à l’interne. La sensibilisation des jeunes nationaux dans les écoles est un autre travail à mener. Pour les attirer vers les métiers des ICT, nous disposons de différents moyens : les foires étudiantes, les interventions scolaires, les stages… Ces actions sont essentielles puisque les métiers des ICT restent peu connus des parents et des étudiants si on les compare aux métiers de l’enseignement ou de la justice.

Grâce à ces leviers d’action, le Luxembourg pourrait encore gravir quelques échelons dans l’échelle des classements internationaux et, qui sait, devenir une place incontournable de l’économie numérique.

 

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