IoT : le défi de l’interopérabilité en ligne de mire

L’IoT fait clairement partie des tendances technologiques de 2016. Il n’y a qu’à se référer au « Hype Cycle for emerging technologies 2015 » de Gartner pour s’en convaincre. Le cabinet d’études y a placé l’IoT au sommet de la courbe des technologies émergentes au côté des véhicules autonomes (voir figure).

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Source : Gartner

 

Plusieurs problèmes apparents

Mais une fois la phase d’euphorie passée, il va falloir s’attendre à devoir affronter les désillusions liées à ce domaine. Certaines sont déjà apparues, mettant en lumière les failles de sécurité et les problématiques de respect de la vie privée de l’IoT. Parmi les exemples les plus connus, citons celui du site internet Insecam sur lequel transitent les vidéos de 73 000 caméras IP privées de par le monde, insuffisamment sécurisées. D’autres difficultés existent, à l’image du manque de standards dans l’échange des données. Notons qu’à l’heure actuelle, le monde de l’IoT fonctionne encore beaucoup en silo. Ce qui peut rendre laborieux les communications entre différents objets connectés.

 

L’interopérabilité entre les objets connectés

Les défis dans ce secteur en mouvement sont donc nombreux. Le plus gros challenge sera d’assurer l’interopérabilité entre les différents objets connectés, ainsi qu’entre les plateformes qui les régissent, afin de permettre d’exploiter pleinement le potentiel des uns et des autres. Car jusqu’ici, les données remontées par les objets qui nous entourent sont souvent sous-exploitées. Elles sont relevées et observées dans des tableaux de bord, mais dans la plupart des cas de manière séparée.

 

La mise en place de standards

Pour faciliter cette interopérabilité, il faudrait idéalement rendre la donnée (une mesure de température « lieu + date/heure + relevé » par exemple) totalement agnostique du capteur (modèle de thermomètre) et du réseau (wifi, 3/4G) qui l’ont produite et véhiculée. Ce travail d’adaptation se fera par l’adoption de standards dans l’industrie ou chez les éditeurs de solutions logicielles. Certains émergent déjà à différents niveaux :

  • Dans la formalisation des données transmises : l’interopérabilité sera accélérée par le ralliement des acteurs du domaine à une manière unique de nommer et représenter les mesures fondamentales (température, coordonnée GPS, …) issues des capteurs.
  • Dans le format dans lequel sont transmises les données : le format JSON, déjà adopté massivement pour l’écriture d’API, est aussi de plus en plus utilisé pour véhiculer les données entre objets connectés.
  • Dans le protocole de transmission : des gateways assurent de plus en plus la transmission sur internet de données issues de réseaux « propriétaires » utilisés dans la domotique (Z-Wave par exemple) ou la transmission de données longue portée/faible débit (Sigfox par exemple).

Ces développements autour de la transmission et de l’analyse des données permettront au secteur de l’IoT de rebondir et d’attaquer la phase baptisée « Slope of enlightenment » par Gartner (voir figure), soit la phase de maturité de la technologie. Le travail sur les plateformes IoT devrait contribuer à mener l’internet des objets à sa pleine maturité dans un proche avenir. Car c’est principalement à travers elles que seront renforcés les niveaux d’abstraction (sécurisation, standardisation et formatage de données) nécessaires dans le secteur.

 

Des questions transverses

Mais le processus est encore long et beaucoup de questions devront absolument être traitées pour ceux qui souhaitent se lancer dans le développement de telles plateformes :

  • Quels standards privilégier pour l’interconnexion entre les objets ?
  • Comment crypter les données quand il le faut, sur des objets aux capacités de calcul limitées ?
  • Comment assurer ces plateformes pour qu’en cas d’attaque il soit difficile de relier les données captées (températures, déplacements, présences…) aux données purement privées (nom, prénom…) ?
  • Comment réaliser l’identification des objets, première étape afin de pouvoir les rattacher à une personne physique ou morale ?
  • Comment répondre aux exigences légales de la Commission nationale pour la protection des données, dans le cas où la plateforme opérerait depuis le Luxembourg ?

Des questions qui touchent à la fois à l’interconnexion, à la sécurité et à la législation, et auxquelles il sera nécessaire de répondre en préalable à la construction d’une plateforme IoT.

 

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